jeudi 13 mars 2014

OH MY GOD ! à la Bip de Liège

    Dans le cadre de la Biennale Internationale de la Photographie de Liège, le MADmusée (Musée de l'Art Différencié) présente O.M.G. (Oh my god) une exposition construite autour des témoignages photographiques d’environnements artistiques bruts construits grâce à la seule force de conviction et d’engagement d’un individu. L'expo montre une selection de 130 cartes postales issues de ma collection ainsi que les clichés  de Mario Del Curto qui parcourt le monde pour photographier des artistes bruts, dans leur environnement de travail ou leur lieu de vie. L'Invention Rustique, diaporama-documentaire sera également projeté de façon permanente pendant l'expo.
Je reproduis ici le texte de présentation de Brigitte Van den Bossche.

 
Collection J.M. Chesné
    "Ils sont maçons, bergers, facteurs, cordonniers, plombiers, agriculteurs, soudeurs, laveurs de vitres, pécheurs, abbés, moines,… Ils sculptent des légendes sur des rochers, découpent des cathédrales dans la mosaïque, badigeonnent les rues de messages enflammés, dressent des sanctuaires de coquillages, peuplent leurs jardins d’une armada de sculptures, recouvrent les murs de leurs maisons de souvenirs et visions nocturnes, gravent les murailles de prisons et asiles de signes hiéroglyphiques, élèvent des grottes et cabanons de ciment en pleine nature, agrémentent les façades d’église de peintures délirantes, miniaturisent des chapelles et mausolées dans leurs cours,…
Collection J.M. Chesné
   Tous ces créateurs sont baptisés poétiquement inspirés du bord des routes, bâtisseurs de l’imaginaire, habitants-paysagistes, rocailleurs de rêves, révoltés du merveilleux, irréguliers de l’art, bricoleurs-bâtisseurs, inspirés des maisons standards, anarchitectes, curés illuminés, turbulentes soutanes et autres indisciplinés de l’art. 
Collection J.M. Chesné
    Le plus souvent issus de milieux modestes, sans connaissance particulière en art ou en architecture, ces ‘gens du commun’ transcendent leur vie ordinaire, souvent recluse, en aménageant avec une certaine exubérance leur espace privé ou celui relevant du domaine public. Ils subliment leur vie et l’espace, répondant à une nécessité existentielle, un besoin irrépressible et immédiat de créer, sans contrainte extérieure, avec une ingéniosité sans limite, une patience incommensurable et des matériaux hétéroclites. Sorte d’extension vitale d’eux-mêmes, leurs créations sont le fruit d’un bricolage intellectuel, d’un bricolage d’images – populaires, religieuses et profanes –, de résidus d’évènements, de souvenirs, de fantasmes, de rêves, de visions. 
Collection J.M. Chesné
   Derrière toutes ces manifestations marginales, se profilent un idéal, une foi, un système de valeurs et de croyances, un outillage mental. Cette foi peut se traduire par la matérialisation de la croyance religieuse courante, mais aussi par la mise en oeuvre d’une croyance très personnelle, un mysticisme inventé, une religion singulière, avec ses préceptes, ses prières, sa morale, sa méthodologie. L’œuvre est à la fois le reflet de cette croyance et l’intermédiaire entre le créateur et l’au-delà, elle traduit le dépassement de soi. L’acte de créer est vécu comme une aventure spirituelle, l’objet créé est conçu comme un territoire sacré et le créateur puise son énergie dans la foi. 
Collection J.M. Chesné

   Dans le contexte des plus appropriés de la Chapelle Saint-Roch, à Liège, le MADmusée présente un florilège d’images attestant de cette foi. Images pieuses et teintées de prosélytisme, images de dévotions personnelles, images d’intimes exploits, images d’une authentique ‘subculture’ populaire aussi,… Sont dévoilés d’une part un ensemble de cartes postales anciennes, glanées et rassemblées par le peintre et sculpteur français Jean-Michel Chesné (collection entamée en 1993 après sa visite du Palais Idéal du Facteur Cheval et riche aujourd’hui de plusieurs milliers de clichés rares) ; d’autre part une série de reproductions du photographe suisse Mario del Curto (dont l’intérêt prononcé pour les Clandestins de l’art brut, avec lesquels il entretient une relation personnelle, se traduit depuis 1983 par une approche subtile et délicate). Toutes ces images célèbrent des univers déployés avec une force et une sensibilité exacerbées. Elles exaltent aussi la beauté du geste, la mystique de la tâche."    B.v.d.B.

Collection J.M. Chesné
L'exposition O.M.G. [Oh My God] est présentée à la Chapelle St-Roch, à Liège.
Elle a lieu dans le cadre de BIP2014 - 9e Biennale Internationale de la Photographie et des Arts visuels de Liège.
La Chapelle Saint-Roch, accessible librement du mercredi au vendredi de 13h à 18h et le week-end de 10 à 18h.

Expo à Carquefou

Je présente mon travail récent avec Pierre Amourette et Sylvie Errard-Douillard au manoir des Renaudières à Carquefou (44) du 15 mars au 13 avril 2014. Vernissage le 15 mars à 16 heures.


 
  Maternité - Céramique de Pierre Amourette
 

mercredi 12 mars 2014

Jean-François MAURICE (1947 - 2014)

 
Dessin de Laurent Jacquy                                D.R.
Jean-François M. à Malakoff, janvier 2009                                    Photo JMC


Mr Imagination et Jean-François à Malakoff, janvier 2009                      Photo JMC


Jean-François M. chez André Labelle, 2010                                                       Photo JMC


Jean-François M. chez lui à Belaye en 2010                   Photo JMC
 
Jean- François,Claude Lechopier et laurent Danchin à Nice, 2011     Photo JMC


les 20 ans de Gazogène à Cahors en 2011                                   

video
 

jeudi 5 décembre 2013

L'art naïf mayennais passe à l'Est

   L'association Création Naïve et Singulière de la Mayenne (CNS 53), propose jusqu'au 6 janvier 2014 au Musée National des Beaux-Arts de Biélorussie de Minsk une exposition qui présentera une cinquantaine d’œuvres de créateurs autodidactes mayennais, issues pour une part des collections du Musée de Laval et pour l’autre part, des artistes et des collectionneurs.



Article du courrier de la Mayenne
Jules Lefranc – Robert Tatin – Jacques Reumeau – Alain Lacoste – Brigitte Maurice – Serge Paillard – Jean-Louis Cerisier - Céneré Hubert – Patrick Chapelière.
 
   Pour l'occasion un catalogue a été edité et une  signature aura lieu le dimanche 15 décembre, au Musée d'Art Naïf et Singulier de Laval, de 16h00 à 17h30, en présence du commissaire de l'exposition Jean-Louis Cerisier et de quelques artistes présents dans cette exposition.
 
Illustration de couverture : Cerf Elancé - Cénéré Hubert   
Collection Art Obscur, M. Leroux
 
 


Catalogue 56 pages, 31 illustrations couleur.
13 euros + 3,50 euros de frais de port.
Reglement à envoyer à :
Création Naïve et Singulière en Mayenne
 32 Rue des Bouchers
53000 LAVAL
 
Robert tatin - Mère mérante                  Coll. Art Obscur
On peut également trouver ce catalogue
à la librairie de la Halle Saint -pierre
2, rue Ronsard,  75018 Paris
 
Alain Lacoste - En Mission                                                   Coll. Art Oscur

mardi 24 septembre 2013

GAZOGÈNE À LYON

   Du 28 septembre au 6 octobre 2013, dans le cadre de la 5e Biennale Hors-Les-Normes de Lyon, la revue Gazogène présente AMERICAN FOLK ART - la face cachée de l'art américain.

Tim Brown - Richard Burnside - Ted Gordon - S. L. Jones - R. A. Miller - Mr Imagination - Prophet Royal Robertson - Mary T. Smith - Henry Speller - Jimmy Lee Sudduth - Mose Tolliver- John Henry Toney - Inez Walker - Willie White.

   Je serai sur place pendant toute la durée de l'exposition.
 
 
AMERICAN FOLK ART
la face cachée de l'art américain
 
Ouvert tous les jours
du 28 septembre au 6 octobre 2013
 
Galerie de la MAPRA
9, rue Chenavard
69001 Lyon
 

lundi 12 août 2013

Gazogène 35 est sorti

 
   A l’occasion de la Biennale d’Art Hors-les-Normes de Lyon (du 28 septembre au 6 octobre 2013) Gazogène présentera l’exposition  “American Folk Art, La face cachée de l’art américain.”
La MAPRA - 9, Rue Paul Chenavard - 69001 Lyon         

Le numéro 35 de la revue sert également de catalogue à cet évènement.  Ce nouveau numéro est donc entièrement consacré à cette forme d’art et aux artistes qui en sont les représentants les plus fameux.
14 créateurs pour la plupart issus des populations afro-américaines du Sud Profond : Tim Brown, Richard Burnside, Ted Gordon, Mr Imagination, S. L. Jones, R. A. Miller, Royal Prophet Robertson, Mary T. Smith, Henry Speller, Jimmy Lee Sudduth, Mose Tolliver, John Henry Toney, Inez Walker, Willie White.

Un  miroir de la vie quotidienne avec sa critique sociale (ségrégation, sexualité, prostitution...) mais aussi la ruralité, la nature, la religion… Du vécu décrit sans concession dans des œuvres fortes au style unique, immédiatement identifiable. Une apparente simplicité pour exprimer la dureté de la vie mais aussi les bonheurs simples.
Textes de Jean-François Maurice, Laurent Danchin et Jean-Michel Chesne.
 
52 pages dont 40 en couleur.
20 euros port compris.
Chèque à l'ordre de "les Amis de Gazogène"
Co/  Jean-François Maurice - Charroux - 46140 Bélaye
 
 



mardi 23 juillet 2013

Expo à Dinard

Ce mois d'août, je débarque à Dinard ; La toute nouvelle galerie TOTEM m'accueille pour 15 jours. A vos agendas...

Pierrot CASSAN, chroniqueur du quotidien

   Cette année les sculpteurs Sylvain et Ghyslaine Staelens font une pause. Il n’y aura pas de quatrième édition d’Outsiders, l’excellente expo estivale qu’ils ont initiée à Mauriac depuis 2010. Ce couple d’artistes installé dans le Cantal depuis plus de 10 ans est désormais largement impliqué dans la vie culturelle de la ville. C’est ainsi que Sylvain et Ghyslaine ont été sollicités pour intervenir en tant que conseillers artistiques et techniques sur l’exposition qui rend hommage à Pierrot Cassan à l’occasion du centenaire de sa naissance.



   En 2003, la revue Gazogène (n°25) avait consacré un dossier à cet artiste mauriacois en  rassemblant plusieurs textes et témoignages de Marcel Mazar, Roland Sabatier, Pierre Chaumeil et Jean-François Maurice. Je reproduis ici des extraits du texte de JFM à propos de P. Cassan.


   “L’œuvre de Pierrot Cassan aurait pu disparaitre. Comme souvent pour ce type de travail, c’est le regard d’un autre artiste, le lithographe Marcel Mazar, qu’il l’a sauvée. Au delà de la pauvreté des matériaux utilisés,, de la gaucherie apparente du style et autre naïvetés formelles, il a su reconnaitre la singularité d’un véritable artiste. Pierrot Cassan est certes un autodidacte mais il fait surtout partie de la grande famille des instinctifs, de celle qui pratique un art à l’état sauvage et qui pour être brut-naïf, n’en est pas moins profond, complexe et mystérieux. La vaste famille des créateurs du dimanche pour qui tous les jours sont des dimanches. Un cousinage évident avec certains autres : Germain Tessier, le maraîcher de Pithiviers, François Baloffi, le marin pêcheur de Collioure, ou Yvonne Robert, agricultrice vendéenne.
   Pierrot Cassan a vécu à Mauriac dans le Cantal et y est mort en 1982. Comme ses parents tenaient une charcuterie, il transforma plus tard la vitrine en lieu d’exposition permanente de ses œuvres. Il se fit le mémorialiste de Mauriac, exposant l’univers de cette place de l’Hotel-de-Ville avec ses habitants, ses cafés, ses évènements de tous les jours, qu’il érigeait par la force poétique de sa peinture en véritable épopée. Ses passions, ses amours éclatent ; c’est le cirque et ses animaux, la pêche, la chasse et toutes les petites gens : serveuses de bistrot, ou rempailleurs de chaises, gardes champêtres ou braconniers, musiciens de bal et autres joueurs de cabrette, marchands de bestiaux, palefreniers et paysans, personnalités plus ou moins locales mais également gloires nationales et mêmes universelles, sans oublier les épisodes de la résistance.

   Toutes ces œuvres sont réalisées à la gouache sur des morceaux de carton de formats variés. Si certaines séries sont totalement noires et d’autres presque monochrome, c’est tout simplement qu’il n’avait plus de couleur ! Dans les dernières années de sa vie, il a réalisé des centaines de peintures sur des cartons à chaussures. Marcel Mazar qui conserve la quasi totalité des gouaches a sauvé cette aventure picturale insolite de la destruction probable et de l’oubli. Pour lui : “ Pierrot Cassan s’exprime comme il l’entend avec beaucoup de liberté et de fantaisie. Il raconte ce qu’il voit avec humour et gentillesse (...) Son geste est une affaire de cœur, ses mots sont les mots de tous les jours. C’est une œuvre authentique, à la portée de tous.”
Toutes photos Ghyslaine Staelens
 
"PIERROT CASSAN AURAIT CENT ANS"
Musée de Mauriac,
Rue Emile Delalo
15200 MAURIAC
Tel. : 04 71 67 35 81
 

lundi 8 juillet 2013

"ÂMES SENSIBLES" à Aurillac

   Je ne vais pas y aller par quatre chemins ni écrire de bla-bla inutile : Ghyslaine et Sylvain Staëlens que je ne présente plus invitent leurs amis artistes, le sculpteur Jean-Yves Gosti et le dessinateur Joël Lorand, pour une exposition forte  placée sous le signe de la vie, du coeur et de l'amitié. La grand-messe a lieu jusqu'au 31 aout 2013 dans Les Ecuries Jardin Des Carmes, 37 Rue Des Carmes à Aurillac dans le Cantal. Une expo de haute tenue pour ces quatre compagnons dans un lieu parfaitement adapté à l'esprit de leurs créations.

Premier plan : Sylvain et Ghyslaine Staelens

Premier plan : Jean-Yves Gosti

Premier plan : Sylvain et Ghyslaine Staelens

Sylvain et Ghyslaine Staelens


Premier plan : Jean-Yves Gosti

Jean-Yves Gosti

Joel Lorand



Premier plan : Sylvain et Ghyslaine Staelens

Joel Lorand

Jean-Yves Gosti
 
Premier plan : Sylvain et Ghyslaine Staelens
 

mardi 16 avril 2013

Le jardin aux pierres perdues

   On le sait, le bord des routes réservent de belles surprises pour autant que l’on soit attentif et que l’on veuille voir. Depuis le temps que je file dans le Loir-et-Cher pour souffler un peu il fallait bien que ça arrive et c’est en fait sur une petite route départementale de la Sarthe limitrophe que les amis qui m’accueillent régulièrement m’ont signalé la présence d’un ensemble de constructions hors du commun.




   Une fois sur place, le hasard ou la chance ont voulu que l’auteur et propriétaire des lieux soit présent et qui plus est à l’ouvrage. Il est accueillant, étonné mais ravi qu’on se soit arrêté. Les présentations effectuées, notre homme n’est pas avare de commentaires ni d’explications pour peu que que vous répondiez aux innombrables devinettes qu’il vous pose à propos de son travail mais aussi de sa vie. Une conversation menée tambour battant, du tac au tac pour cet homme de 77 ans d’une vitalité exceptionnelle.
 
 
   Depuis cinq ans Michel R. réalise une série de tourelles étranges constituées d’une accumulation de matériaux de construction récupérés dans les décharges ou à la fin des chantiers d’artisans. L’ensemble est  judicieusement agencé par strates successives. Briques, carrelage, ardoises, galets, bouteilles, poteries, sont appareillés avec un sens aigu de la couleur, du rythme et de la texture, le tout exécuté sans une once de mortier. Le procédé et l’allure (dans une moindre mesure) n’est pas sans rappeler les tours des Ruines de la Vacherie à Troyes qui, elles aussi, furent élevées sans ciment, à l’aide de matériaux issus de la démolitions de bâtiments divers.
Les tours des Ruines de la Vacherie à Troyes                                  Coll. JMC
 



   Une dizaine de ces édifices dont le plus grand mesure quatre mètres, trônent le long de la petite route et lorsqu’on lui demande ce qui a déclenché cet envie de bâtir, il reste assez évasif, évoquant tout de même son attirance pour les curiosités architecturales des environs. Il parle des fours à chanvre, de certains pigeonniers ou des chambres de béliers hydrauliques présents dans la région.
 
 
   Ancien ouvrier agricole puis salarié dans le bâtiment à la retraite depuis 15 ans, Michel R. improvise totalement l’édification de ses tours, juché sur des palettes entassées en guise d’échafaudage ; et si les débuts furent laborieux (puisque la première s’effondra au bout de 10 jours !) il maitrise aujourd’hui parfaitement le savoir-faire nécessaire pour que son œuvre soit pérenne. En nous raccompagnant, il nous raconte qu’il vient de trouver dans une décharge une plaque de rue émaillée au nom hautement poétique : ”Allée de la Pierre Perdue”. Il compte bien installer cet objet à l’entrée de son petit terrain et baptiser ainsi son domaine.                               
À Marie et Jean-Luc 
Toutes photos J.M.C. / Doits réservés