lundi 20 juillet 2015

L'anarchitecture de Richard Greaves, c'est fini...


    Source Raw Vision D.R.

  Depuis quelques temps déjà, on savait que Richard Greaves s'était détourné de ses fabuleuses architectures fantasques. Des constructions improvisées faites d'assemblages de planches et de matériaux  issus de la démolition de granges ou de maisons du voisinage. Une sorte de village déglingué qu'il avait patiemment érigé depuis 1989 à l'abri des regards au cœur d'une forêt en Beauce au Quebec. Une vingtaine de cabanes construites sans un clou ("pour ne pas blesser la matière..." ) mais avec de la ficelle de nylon récupérée chez les agriculteurs du coin. Un ensemble de bâtiments en total déséquilibre qui sembaient au bord de l'effondrement donnant  un aspect cubiste (la Merzbau de kurt Schwitters) voire fantastique à ces anachitectures. Des perspectives oniriques et déformées dignes des décors du film expressionniste de Robert Wiene "Le cabinet du Dr Caligari" (1920).  


      Photo Mario Del Curto

    Or ces jours-ci, je lis un billet qui m'a été transmis sur ma page FaceBook par La Galerie des Nanas au Quebec et qui relate la disparition du site. Visiblement, l'un des voisins de Richard Greaves, excédé par la présence incessante de promeneurs-visiteurs sur son terrain et dans les alentours a eu la très mauvaise idée de tout mettre à terre et ce dans l'indifférence générale du monde artistique canadien. Un tas de planches et un spectacle désolant, c'est tout ce qu'il reste de cet impressionnant chef d'œuvre du bricolage sauvage et inspiré... Oubli, destruction, succession compliquée, problème de voisinage sont les grands classiques qui mettent régulièrement en danger ces productions spontanées d'autodidactes. Même si l'on veut nous faire croire que l'art brut aurait enfin une place digne dans le champ culturel, l'œuvre de Greaves n'aura pas échappé à la menace venant allonger la longue liste des victimes de l'obscurantisme...

A noter le livre : Richard Greaves, anarchitecte - Sarah Lombardi, Valérie Rousseau / Photographies de Mario Del Curto
5 Continents Editions
et le magnifique film de Philippe Lespinasse : Les Châteaux de planches de Richard Geaves

            Photo Mario Del Curto

2 commentaires:

Éric Babaud a dit…

Quelle tristesse... c'est désolant.
Une raison de plus, s'il en fallait, de continuer à œuvrer, encore et toujours, inlassablement, chacun à sa manière, chacun à son niveau.

Anonyme a dit…

Etes vous certain que le site a disparu, on m'a dit que Richard Graves s'était réinstaller un peu plus loin, dans le même endroit?...